La réforme de la filière aquatique entre dans une nouvelle étape. À compter du 1er octobre 2026, le dispositif évolue avec la mise en place de l’unité d’enseignement « Surveillance Sauvetage Aquatique » (SSA), qui vient remplacer le cadre antérieur du BNSSA pour les nouvelles formations.
Pour accompagner cette transition, le ministère de l’Intérieur et la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises ont élaboré un document de synthèse particulièrement clair, qui présente les nouvelles règles applicables à la formation, à la certification, à la formation continue et aux formateurs.
La FFMNS souhaite mettre ce document à disposition de l’ensemble des professionnels, organismes de formation et acteurs de la filière.
Une nouvelle unité d’enseignement : le SSA
Le nouveau dispositif repose sur l’unité d’enseignement « Surveillance Sauvetage Aquatique ».
Le référentiel prévoit cinq grandes compétences :
• situer son rôle et sa mission dans un dispositif de surveillance adapté
• analyser les risques particuliers d’une zone de baignade
• développer des actions de prévention adaptées
• participer à un dispositif de surveillance avec les techniques et matériels adaptés
• participer à une action coordonnée de sauvetage avec les techniques et matériels spécifiques.
L’objectif est ainsi de préparer les futurs surveillants aux missions de prévention, de surveillance et de sauvetage dans les baignades d’accès payant et ouvertes gratuitement au public, avec des compétences complémentaires pouvant être prévues pour le milieu naturel.
Une formation de 35 heures minimum
Le nouveau parcours SSA prévoit une durée minimale de 35 heures en présentiel. Le document du ministère prévoit également la possibilité d’un allègement pouvant aller jusqu’à 7 heures lorsqu’une équivalence est reconnue.
Certaines équivalences sont également prévues, notamment pour les titulaires du BNSSA avec PSE2 et formation continue à jour, ainsi que pour certains titulaires d’un BPJEPS AAN ou de diplômes équivalents dans les conditions prévues par le référentiel.
Des conditions d’accès clairement définies
Le nouveau dispositif prévoit notamment un âge minimum de 17 ans au dernier jour de la formation, une formation SSA complète ou bénéficiant d’un allègement validé, l’acquisition des compétences du référentiel et la détention d’un certificat d’équipier secouriste ou équivalent à jour de formation continue.
Un test préalable de natation est également prévu. Il doit permettre de vérifier, avant l’entrée en formation, l’aisance aquatique et les capacités natatoires indispensables.
Une certification avec deux épreuves
La certification repose notamment sur deux épreuves évaluées par l’équipe pédagogique.
Le candidat doit réussir un parcours de sauvetage et une épreuve de 300 mètres nage libre avec palmes.
Le parcours de sauvetage comprend notamment une phase d’immersion, de nage, d’approche, de recherche et de remontée d’un mannequin, puis son remorquage.
Le référentiel prévoit également des critères temporels précis pour les différentes épreuves.
La FFMNS invite donc les candidats et les organismes de formation à se référer au référentiel complet plutôt qu’à se baser uniquement sur des présentations résumées.
Et pour les BNSSA déjà titulaires ?
La réforme ne signifie pas que les titulaires actuels du BNSSA doivent simplement recommencer une formation complète.
Le ministère prévoit une formation continue d’adaptation au SSA. Elle vise à permettre aux titulaires du BNSSA d’acquérir les compétences nécessaires pour continuer à assurer leurs missions de prévention, de surveillance et de sauvetage dans le nouveau cadre.
Cette formation continue d’adaptation représente 4 heures, avec une possibilité de format de 2 heures avec outils à distance. Elle peut être réalisée concomitamment à la formation continue PSE2.
Pour accéder à cette FCA SSA, deux conditions cumulatives sont notamment prévues :
• être titulaire du BNSSA ou d’un équivalent
• être titulaire du PSE2 à jour de formation continue.
Une période de transition pour les formateurs
La réforme prévoit également un dispositif temporaire de validation par l’expérience pour les formateurs ayant déjà enseigné le BNSSA.
L’objectif est de permettre à ces formateurs de faire reconnaître leur expérience et d’obtenir le certificat de formateur au sauvetage aquatique. Le dispositif est temporaire et accompagne le remplacement du BNSSA par l’unité d’enseignement SSA.
La campagne de validation se déroule jusqu’au 5 août 2027. Un organisme habilité SSA peut proposer ses formateurs et chaque candidat ne peut déposer qu’une seule candidature dans le cadre de cette campagne.
Un document à conserver
La réforme représente une évolution importante pour l’ensemble de la filière aquatique. Elle concerne directement les futurs surveillants, les BNSSA déjà titulaires, les organismes de formation et les formateurs.
Pour éviter les interprétations ou les informations incomplètes, la FFMNS recommande de consulter directement le document élaboré par le ministère de l’Intérieur, qui présente de manière synthétique les différents volets de la réforme.
Le document permet notamment de retrouver, dans un même support, le cadre juridique, les conditions de certification, la formation continue d’adaptation et le dispositif temporaire destiné aux formateurs.
La FFMNS met ce document à disposition de ses adhérents et de l’ensemble des professionnels de la filière afin que chacun puisse disposer d’une information claire et directement issue des services de la sécurité civile.
Document du ministère de l’Intérieur : « La réforme du BNSSA – Surveillance sauvetage aquatique », 15 septembre 2026: Présentation réforme BNSSA.
Pour aller plus loin : les Références techniques nationales SSA
Le ministère de l’Intérieur met également à disposition un document de référence beaucoup plus complet : les « Références techniques nationales – Surveillance et Sauvetage Aquatique », édition septembre 2026.
Ce document de 89 pages constitue le socle technique de la nouvelle unité d’enseignement SSA. Il a pour objectif d’assurer une cohérence nationale des pratiques de surveillance et de sauvetage aquatique. Il rassemble des apports de connaissances, des procédures et des fiches techniques destinés notamment à accompagner la formation continue des professionnels.
Il détaille notamment les cinq grands domaines de compétences du SSA :
• situer son rôle et sa mission
• analyser les risques particuliers
• développer des actions de prévention
• participer à un dispositif de surveillance
• participer à une action coordonnée de sauvetage.
Le référentiel apporte également des précisions importantes sur l’exercice en milieu naturel. Le SSA peut exercer dans trois environnements : les milieux artificiels, le littoral et les eaux intérieures. Des formations complémentaires sont prévues pour permettre d’acquérir les compétences spécifiques nécessaires à la surveillance et au sauvetage en littoral ou en eaux intérieures.
Le document consacre également une place importante à la prévention. Celle-ci ne se limite pas à intervenir lorsqu’un accident survient. Elle constitue une mission à part entière du SSA, avec l’identification des personnes à risque, l’observation des comportements, l’analyse de l’environnement et la mise en œuvre d’actions préventives.
Enfin, les Références techniques nationales abordent de manière très concrète les techniques de sauvetage, la prise en charge des victimes, le remorquage, l’utilisation de la bouée tube, les extractions et les interventions à plusieurs sauveteurs.
La FFMNS recommande donc vivement aux futurs SSA, aux titulaires du BNSSA, aux formateurs et aux organismes de formation de conserver ce document comme référence pour accompagner la transition vers le nouveau dispositif.
« Références techniques nationales – Surveillance et Sauvetage Aquatique », Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, édition septembre 2026: https://www.securite-civile.interieur.gouv.fr/documentation/secourisme-et-associations/secourisme-references-techniques-nationales.html